Au boulot !
Un président de République Française a dit il y a quelques années "qu'il suffisait de traverser une route pour trouver du travail."
En Gironde, aucun souci. J'ai trouvé du boulot quand j'ai voulu, et en plus c'était moi qui pouvait choisir mes conditions, étant diplômée, qualifiée, et expérimentée dans ma branche.
En Dordogne, j'en ai traversé des routes... et des routes... mais toujours pas de boulot. J'ai élargi mon champ d'action, répondant à des annonces diverses et variées, lançant mes candidatures à des entreprises et grandes surfaces... mais rien. Au pire, on ne te répond pas du tout (la plupart du temps) ; au mieux tu reçois une réponse négative.
Alors, tu sais pertinemment que ce n'est pas de ta faute, ce n'est pas toi qui est jugée, mais tu ne peux pas t'empêcher de te dévaloriser (pas trop difficile pour quelqu'un qui souffre un peu de manque d'estime de soi). Si tu ne trouves pas de travail, c'est certainement de ta faute, tu n'es pas assez bien, trop ceci ou pas assez cela. Tu commences à en vouloir aux gens autour de toi, qu'est ce qu'ils ont de plus que toi ? Pourquoi eux ont un emploi et pas toi ?
Et puis un jour, un coup de fil. Puis un deuxième, et un troisième. Et des entretiens. On pourrait appeler ça la loi des séries, tout se débloque d'un coup. C'est pas du tout dans ta branche, mais qu'importe ! Oh, et puis finalement ça ne vaut pas le coup, ils recrutent sur mon secteur et veulent m'envoyer travailler à plus d'une heure de chez moi. Étant donné le minuscule taux horaire qu'ils me proposent, ça va me coûter assez cher en carburant, je travaillerai pour une misère. Je décline.
Et là, c'est une société de nettoyage qui te contacte. Un métier que j'ai exercé avant d'être auxiliaire-puéricultrice. Je suis ravie, car mon métier de base auprès de bébés et tous-petits est un métier passion, mais j'ai tellement donné pendant toutes ces années, que je ne me sens plus la force de continuer. Alors, let's go pour de nouvelles aventures !
Je commence par un remplacement de 15 jours. Je suis devenue "la femme de ménage" (ce sont les termes employés par la plupart des gens). Je préfère le terme "Agent d'entretien", ça fait plus agent secret ! haha ! D'ailleurs pourquoi "femme de ménage"? car il y a des hommes qui pratiquent ce métier... mais bref, passons, je n'ai rien à revendiquer, je suis juste heureuse d'avoir enfin trouvé du travail. Je me sens comme enfin devenue adulte, en plus j'ai une tenue aux couleurs de l'entreprise, j'en suis trop fière. Et je suis mieux payée à l'heure que les métiers dans le milieu social...
Me voilà donc travaillant pour une grande entreprise dans le tertiaire. Les employés sont là pendant que je fais mon nettoyage, il faut que je m'organise. Tout le monde est très gentil et poli, et moi je fais mon boulot de mon côté, à mon rythme, me faufilant comme une petite souris pour éviter les gens.
Je vais partout, mon badge me permet d'ouvrir (presque) toutes les portes, j'entends tout ce qu'il se passe, j'entends les bonjours et les conversations entre collègues, j'entends les rires et les conversations professionnelles, j'entends les avis sur les clients de l'entreprise, j'entends tous les trucs sociaux entre collègues à la pause café, tous ces trucs que je suis incapable de faire, ou de façon tellement maladroite !
Alors finalement j'adore cette place de la nana qui est là sans être là. Elle bosse discrètement, elle est polie, elle n'est pas désagréable, mais on l'oublie facilement. C'est tellement moi. Ma nature introvertie adore entendre et observer, mais pas participer à tout ça, alors je suis à ma place. Pas d'anecdotes à raconter sur mon week-end, pas de potins entre collègues, pas de hiérarchie, pas de pause café qui met mal à l'aise (parce que tu ne bois pas de café et tu ne fumes pas).
Bref, un boulot qui me plait. Un temps partiel qui me permet de compléter mes revenus existants.
Ce remplacement étant terminé, les gens m'ont dit qu'ils m'avaient apprécié, que j'étais souriante, que je disais bonjour à tout le monde... l'expérience était partagée, moi aussi j'avais apprécié mon boulot là-bas, tout le monde était gentil. Globalement, je dirai que les gens sont moins hypocrites et plus simples ici que sur Bordeaux.
Aujourd'hui, je continue mes remplacements pour la même société de nettoyage. Sauf que cette fois-ci, je pars en usine ! Je vais faire du nettoyage industriel en apprenant à conduire les grosses autolaveuses autoportées ! J'ai peur et hâte en même temps, haha ! Et c'est parti pour 1 mois, youpi !







